03/06/2007

Les mésaventures de Anne

Numérise1001

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci aurait été incroyable , voire intolérable il y a 10 ans. Aujourd’hui , c’est d’une banalité écrasante.En juin 2005, lors d’une surveillance , je me précipite dans un coin de la cour en entendant des cris : un élève de 2ème année a coincé une fille contre un mur et l’oblige à l’embrasser. Je les sépare et appelle la direction qui emmène le garçon et la fillette en larmes dans son bureau.A la sortie des cours , la direction envoie chercher les parents du garçon par celui-ci. A ce moment , je suis occupée à ranger mes élèves pour la sortie.Je ne vois rien venir et me retrouve soudain poussée

violemment contre une poubelle , je me relève et encaisse des coups violents sous les regards apeurés des enfants qui se mettent à hurler.

Je recule sous les coups jusqu’à me retrouver contre un mur, les menaces fusent quant à mon domicile, ma personne, ma famille… Je ne peux décrire la violence du regard et des coups. Une collègue fait descendre les élèves et une maman appelle la direction qui arrive,ce qui n’empêche pas la personne de continuer à m’agresser.La police n’est pas appelée, mais, la direction prévient les parents que je vais déposer une plainte, ce qui leur donne l’occasion de préparer leur version.Malgré que ces personnes soient bien connues des services de police, aucun témoin cité dans ma déposition n’a été interrogé ! Il faut dire que les congés approchent ! Etant donné qu’on ne peut trouver d’intérimaire et  que les enfants doivent être testés en fin de cycle, je continue mon année scolaire.Personne ne me dit que c’est considéré comme « accident de travail » à ce moment. On évince l’enfant car il est un danger pour les autres et on me conseille de prendre contact avec Mme X de l’unité d’aide aux victimes (personne que je n’ai jamais pu contacter car toujours indisponible) au bout d’une semaine, découragée je n’essaie même plus de la contacter.Mon état de santé n’est pas brillant et je prends donc un congé « pose carrière à temps partiel ».Prenant des nouvelles au Parquet de Nivelles à propos de mon dossier, je constate que celui-ci est classé « SANS SUITE » (Essayez avec un PV non payé !).Cela n’arrange pas mon état de santé d’autant plus que lorsque je rencontre ces personnes, elles me narguent.Je n’ose plus aller aux fêtes de village, dans certains magasins (un jour j’ai demandé à un client qui sortait de m’accompagner à ma voiture)… Bref, je ne sors plus non accompagnée, je suis devenue agoraphobe.Je ne supporte plus le bruit, la foule….Enfin, on me dit d’introduire un dossier pour accident de travail après un an. Entre-temps, j’ai repris un congé «pose-carrière ». Le syndicat insiste auprès de la direction pour que ce dossier soit fait au plus vite…Et je continue mon boulot , jusqu’au jour où (fin novembre 2006), une maman me demande  pourquoi je «harcèle » sa capricieuse gamine alors que je reste assise à côté d’elle lors d’un contrôle pour être sûre qu’elle le termine au lieu de jouer avec des objets inutiles en classe.C’en est trop ! Cette fois je craque tout à fait et mon état empire. Je suis incapable de continuer .Bien sûr, je touche mon salaire, mais sur mon mi-temps pose carrière.Il y a beaucoup de démarches et plus aucune énergie pour combattre.Au mois de décembre 2006, je suis convoquée au WTC. Normal ! Ce qui l’est moins, c’est qu’après un parcours du combattant,( car pour moi aller seule jusqu’à Bruxelles est une épreuve ) après une heure d’attente on me dit de rentrer chez moi, qu’on me convoquera plus tard étant donné que le médecin est absent . Après insistance, un autre médecin me reçoit mais pas dans de bonnes conditions.J’ai été à nouveau convoquée ce mois d’avril, le médecin me conseille des vacances le plus vite possible. J’entame donc « encore » une fois des démarches et dois téléphoner à plusieurs services pour enfin pouvoir introduire ma demande (vive la coordination des services). Evidemment, je ne tombe pas sur la bonne personne qui est absente ce jour-là,mais un autre « fonctionnaire »( aimable comme une porte de prison , quoique actuellement les portes de prison ….) me dit « si vous n’êtes pas capable de rester cloîtrée chez vous, vous savez reprendre une classe ou alors, démissionnez ! ».Je me sens alors à nouveau agressée, coupable…De quoi ? D’avoir fait mon travail consciencieusement pendant 26 ans, d’avoir sacrifié beaucoup de week-ends et de vacances pour préparer mon travail, des fêtes scolaires, pour vendre du « boudin-compote »pour remplir les caisses, pour des marchés de Noël ou autres, pour ranger et repeindre ma classe,…..Concertations, réunions, surveillances, préparations,re-médiation, ……agressions….Ceci n’est pas une fiction et je ne crois pas être la seule dans ce cas. Nous sommes pressés comme des citrons et jetés parce que l’on ne vous considère pas comme victime. On  vous culpabilise encore !Les parents se mêlent de tout (sauf de ce qui leur incombe principalement : l’éducation de leurs enfants), vous devez toujours vous justifier. Les ENFANTS n’ont plus que des DROITS… et VOUS n’avez plus que des DEVOIRS !L’école est devenue un commerce dont les « clients » sont rois !Les valeurs ont disparu et personne ne respecte saplace. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées ! Aux parents : l’éducation. 

Aux enseignants : l’instruction.

F2000022

 

19:12 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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