16/07/2007

La faute aux enseignants "Le Soir" du 9-7-07

Voici deux articles trouvés sur le forum du journal "Le Soir"

La Faute aux enseignants(Martin)

Ces chiffres qui se détériorent d'année en année sont interpellants et significatifs du malaise de notre enseignement. Quand les résultats récurents d'une activité aussi importante que l'enseignement sont si catastrophiques, il faut se poser la question du "pourquoi" afin de pouvoir agir et trouver les solutions pour remédier à cette situation. Les responsabilités se situent à différents niveaux mais, personnellement, je suis convaincu que le manque de motivation des enseignants est la cause principale. Ils doivent se remettre en question et s'investir sérieusement dans leur métier.

Enseignant par accident(Martin)

De par mon métier, je connais pas mal d'enseignants. Et je remarque qu'une grande partie d'entre-eux sont démotivés. En effet, ils considèrent que la majorité des enfants sont indolents, indifférents et peu respectueux. Ils mettent en cause aussi le comportement des parents ainsi que le contenu des programmes scolaires.Peu remettent en question leurs méthodes et leurs motivation. Beaucoup sont dans l'enseignement, non pas par vocation mais par accident. Difficile d'exercer un métier aussi exigeant dans un tel état d'esprit et surtout de transmette l'intérêt du savoir aux élèves. C'est ce type d'enseignants qui doivent se remettre en question. Il a toujours existé de bons et mauvais élèves. La société évolue, mal peut-être, mais c'est inéluctable. Remarquez que peu d'enseignants se prononcent dans ce forum..

 

A la dernière remarque, je réponds: les enseignants motivés n'ont pas le temps et les autres s'en fichent puisqu'ils ne se remettent pas en question!

 

Il y a une semaine, j'étais offusquée à la lecture de votre article, mais certains évènements ont tempéré mon opinion.

J'apprécie que vous mettiez en cause CERTAINS enseignants qui même s'ils se disent motivés sont souvent mal préparés, mal formés et ce n'est pas toujours leur faute (3 ans de suite en novembre, les stagiaires que j'ai reçus devaient donner une leçon sue le nombre 7. J'ai eu droit les 3 fois à Blanche Neige et les 7 nains. 3 fois la même préparation apportée le jour même. Ces leçons étaient imposée par leur prof. Quand j'en ai fait la remarque au professeur en question, il m'a répondu que c'était plus facile. Il existe pourtant d'autres façons d'aborder le nombre 7 et qui peut découler sur d'autres leçons que Walt Disney. Il y a 7 notes de musique--> voir les instruments.... 7 jours de la semaine--> le calendrier.... et ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres!Comment voulez-vous que ces étudiants apprennent à construire une leçon, un projet?)

Quant aux enseignants motivés, ceux pour qui l'école est une priorité, ceux qui ont investi temps, argent et famille, ceux qui sans cesse se remettent en question, qui ont chaque élève en considération, ceux qui sont exigeants pour eux-même et pour les autres, on leur met des bâtons dans les roues, ils se ramassent des douches froides et finissent par déprimer!!! Jusqu'il y a 2 ans, j'allais à l'école en chantant, toujours prête. Ensuite j'y suis toujours allée en chantant mais l'air était différent, c'etait celui des soldats allant au front!

Les enseignant qui font ce métier "par accident" comme vous dites, c'est vrai qu'il y en a, mais ceux-là ne sombreront pas dans la dépression tant ils sont sûr d'être les meilleurs et ne se remettent jamais en question.

Mais je maintiens que les résultats médiocres ne sont pas à imputer à tous les enseignants. Leur démotivation vient aussi du fait que l'enfant est devenu roi, qu'il n'a plus que des droits (je me répète) qu'il a perdu le sens de l'effort et que beaucoup de parents démissionnent.

Quand on trouve des excuses telles que le milieu famillial pour tirer vers le bas et excuser tout échec, je vous répondrai que je suis issue d'une famille d'immigrés en 1933 , que j'étais la cinquième du lot et probablement pas attendue dans cette famille où seul mon père travaillait comme ouvrier, s'occupant de son potager en rentrant, que je devais me débrouiller pour mes devoirs, mes parents insistaient beaucoup sur l'école. Mais je n'ai jamais manqué d'attentions, et si j'ai parfois souffert de manquer du superflu (mode, jeux,tv) par rapport à mes compagnes de classe, je ne regrette rien. J'ai été éduquée . Je remercie mes parents me m'avoir appris le sens de l'effort et de s'être privés pour que leurs cinq enfants fassent des études.

J'avais plein d'histoires à raconter à mes élèves, celles de la vie autrefois, celles des fleurs des champs, des animaux, de la ferme où j'allais souvent, celles que me racontaient mes parents et mes grands-parents. Peut-être est-ce pour cela que je suis une nostalgique.

 

12:47 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Traditions C’était dans les années 60, nous habitions dans un petit village du Hainaut occidental.
Mes grands-parents étaient agriculteurs, ils n'avaient ni TV, ni radio, ni eau potable sur place. Le facteur apportait chaque jour "Le Courrier de l'Escaut". Ils possédaient 8 vaches, un cheval servant à tirer les quelques outils et chariots, quelques terres et pas de machines à part la "machine à bat" qui venait à la fin de l'été pour séparer le grain de la paille coupée manuellement. Il y avait une fusion entre la terre et la vie. Mon grand père était charron, il avait en lui ce plaisir et cette rigueur du travail accompli de ses propres mains. (cfr : L’écomusée du Pays des Collines à Lahamaide. http://ellezelles.com/ecomusee/ ). Mon frère, ma soeur et moi allions tous les jours à ce lieu dit « Camp du pont ». Lorsqu'on en parle, cela fait partie des beaux jours de la vie. Mon père était instit; 3 classes dans le même local et plus de 30 élèves. Les bancs étaient en bois naturel avec un encrier au milieu. Outre les cours traditionnels, pas de cours de gymnastique, mais des leçons de chants et de calligraphie. (A ce sujet, je vous invite à consulter le site qu’une enseignante a créé récemment et qui, pour elle, est une véritable passion : http://www.callisa.be ). A la fin de la récré, les élèves étaient alignés avec les pieds sur 2 carrelages marqués en couleur sur la cour, et on entendait les mouches voler.
Les parents n’intervenaient jamais dans les décisions prises par l’instituteur. Il y avait une nette séparation entre la vie en famille et la vie à l’école, surtout au niveau de la discipline et donc au niveau des exigences d’une vie en groupe. Les élèves arrivaient à pied ou à vélo et personne n’imaginait abimer intentionnellement le matériel d’autrui.
Dire « tout était blanc avant et tout est noir maintenant » relève du mensonge, mais l’enseignant ne déployait pas cette immense énergie, à la limite de l’épuisement, à inculquer aux élèves le respect des Êtres et le respect des choses.
Je crois, comme Marc moulin (Le Soir du 6 juin,) que Mai 68 a tout foutu en l'air "on ne pense plus à se réformer, mais à faire des lois" ; mais aussi que les "curés" ont fait pas mal de dégâts.
Conclusion empruntée sur le site d’ « Aspirale »
« …Maintenant, il est plus qu’urgent de réintroduire le sacré. Le sacré, c’est retrouver ce qui, dans les structures de l’ancien temps, organisait la société. Les traditions doivent être refécondées à chaque génération. On n’aurait jamais dû jeter le savoir-vivre et les belles manières. Mais notre société, qui a fait trop de science et pas assez de sagesse, n’a pas refécondé les traditions et les lois de la vie. Le résultat est là : nous avons sombré dans un grand délire collectif sur l’amour et la liberté. Notre civilisation est devenue stérile : elle a arrêté d’évoluer et vit dans un instant présent continu. Le problème, c’est qu’en biologie, l’instant présent continu n’existe pas. En biologie, il y a cette terrible loi de l’entropie qui dit que tout système qui n’évolue pas tend à se dégrader. Nous nous prenons pour le sommet de la civilisation, alors qu’en réalité, nous sommes en train de saccager notre humanité…car la cause du mal est d’en rechercher la cause. » Docteur François Spiral.

Écrit par : Claude Leroy | 28/07/2007

suite de tradition Le commentaire de Mr Leroy me remet en mémoire nos courses de traîneau dans la prairie voisine. C'était à qui serait le premier dans le ruisseau. Après quoi, nous allions nous réchauffer dans la cour de la ferme en nous vautrant sur le tas de pulpes chaudes fraîchement livrées de la sucrerie. Bonjour l'odeur et l'accueil de nos mères qui ne savaient pas par quel bout nous prendre pour nous déshabiller et nous laver au coin du feu!
Nos enfants n'auront probablement pas de tels souvenirs à raconter. Ils raconteront leur premier GSM, compareront les jeux vidéo et les dessins animés japonnais...
Quant à nous, nous regardions le manège enchanté ou encore Nounours, Nicolas et Pimprenelle, écoutions sagement la Marchand de sable nous signaler qu'il était temps d'aller au pays des rêves et allions nous coucher sans rechigner avec des souvenire plein la tête, une fatigue saine due à nos journées au grand air, et... un livre!
Peut-être est-ce pour ça que je ne sais pas m'endormir sans lire au moins quelques pages et que j'ai donné le goût de la lecture à beaucoup de mes élèves en organisant par exemple des "rallyes lecture".J'en suis heureuse et fière.

Écrit par : Anne | 01/08/2007

je suis arrivée en Belgique en 60, j'avais 6 ans venant de la brousse..je débarquais dans la ville
je me rappelle des jeux que nous faisions pendant les récrés: sauter à la corde, à l'élastique, nous faisions d'immenses glissoires et ce qui était fantastique, c'est qu'il n'y avait pas de bouscoulades, nous faisions la file, les profs ne devaient pas s'en mêler; je me rappelle que j'apportais une très longue corde à sauter pour une vingtaine d'élèves à la fois;
je ne me rappelle pas de disputes
c'était chouette
nous n'avions pas la télé, mais je lisais beaucoup; mon frère, par contre, a connu les émissions dont vous parlez
je suis instit de formation , dans mes ateliers d'éveil musical ou les cours de musique, j'ai essayé de redonner aux enfants le plaisir des jeux collectifs, des rondes et jeux chantés...
lorsque je donnais le cours de musique dans mon école, la musique rassemblait toutes les classes pour des fêtes de l'école...
en ce qui concerne les enseignants motivés ..ou non...moi je me dis que tous ces changements dans les programmes (en dépit du bon sens souvent) et toutes les mesures prises pour que l'enseignat devienne un bon fonctionnaire ont contibué au fait que certains se soient démotivés ; les conditions de travail ont bien changé...
je rencontre encore des enseignants formidables qui sont aussi, passionnés par ce qu'ils font et conscients de leurs responsabilités
je vous invite à voir ce que certains font avec leurs petits bouts de maternelles
http://animusiquesetleurscompositions.skynetblogs.be/
à bientôt
je suis venue vous lire au tout début et je reviens aujourd"hui...vous me reverrez :-)

Écrit par : Gibritte et Cie | 27/08/2007

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