23/06/2008

Hommage à trois femmes exceptionnelles

 

Toutes les trois ont eu une influence positive.

 

1 Puisez aux bonnes sources

Elles restent classées dans un tiroir de ma mémoire étiqueté "Bons Souvenirs", et leur "dossier" reste en haut de la pile! Je les ressors régulièrement. Ils me redonnent la force qui me fait bien souvent défaut ces derniers temps.

La première par ordre chronologique est "Madame D", mon institutrice de 3ème et 4ème primaires, qui menait ses deux classes ensemble d'une main de Maître! Elle inspirait la droiture. Bien sûr, d'aucun diront qu'elle était sévère, mais je dirais plutôt qu'elle était exigeante, tant pour elle-même que pour nous. Elle avait un sens aïgu de la Justice. Et... quelle que soit son origine sociale, chaque élève était considéré et avait droit aux mêmes égards. Elle savait aussi écouter, comprendre... mais pas excuser les bêtises faites en invoquant telle ou telle circonstance que l'on appelle maintenant "atténuante"! Chacun apprenait le sens des mots "DEVOIR", "RESPONSABILITÉ", "RESPECT", "EFFORT"... Je l'entends encore dire: "Je veux bien expliquer cent fois une leçon à quelqu'un qui n'a pas compris, mais pas à celui qui n'a pas écouté!". C'est elle qui est venue trouver mes parents pour que je puisse avoir la chance de faire des études. Elle est devenue directrice par la suite.

La seconde est ma tante T. A 86 ans, elle est toujours occupée à coudre, tricoter, peindre... tout ce qu'elle fait l'est avec grand soin et précision! Elle a une voix magnifique (comme mon défunt père qui couvrait 4 octaves)... une artiste et une femme droite, ne dérogeant pas à des principes moraux bien ancrés. Une anecdote: à 13 ans, ne pouvant m'offrir des vêtements neufs, j'ai reçu une coupe de tissu (rouge avec des petites fleurs balnches) et une dame m'avait donné le patron d'une robe "tablier" à la mode du moment. J'ai tracé, coupé, assemblé, faufilé, piqué... et suis allée toute fière montrer ce que je pensais être un chef d'oeuvre à ma tante. Elle a retourné la robe sous toutes les coutures et d'un coup sec, a décousu celles qui n'étaient pas exactement droites... bruit effrayant: CRAC! Pour moi, ça ne se voyait pas!!! Elle m'a dit: "Quand on fait quelque chose, on le fait bien!" ... ça ne m'est plus arrivé. Cela prouve qu'accepter ses erreurs est constuctif! J'ai continué à lui exposer mes travaux et encore aujourd'hui, je suis fière si son appréciation est positive. Une artiste méconnue et discrète!

La troisième Madame C, une incarnation de la défense des droits, des devoirs, du RESPECT et de l'HONNÊTETÉ!!! Elle a été en même temps ma collègue et ma directrice. Elle partageait les corvées avec ses enseignants, ne se déchargeait jamais de ses responsabilités sur autrui, et avait, elle aussi, un sens aigü de la Justice. Elle a su maintenir un esprit d'équipe, et familial dans une petite école rurale où il FAISAIT bon vivre, ne ménageant ni son temps ni ses efforts. Depuis quelques années elle est à la retraite (bien méritée car elle était directrice avec classe) et fait du bénévolat dans des écoles où les enfants ont des difficultés à comprendre et à apprendre le français. C'est chez elle et son mari (entre autres) que je reçois réconfort et soutien dans les moments difficiles de mon combat contre la violence à l'école. Ils sont toujours de bon conseil et leurs propos me font grand bien.

Elles m'ont transmis beaucoup de choses en plus du "savoir" et du "savoir-faire".

Grand merci à ces trois DAMES pour tout ce qu'elles m'apportent encore aujourd'hui, ainsi qu'à tous ceux qui me soutiennent quand je me demande si ce combat en vaut la peine, si l'énergie dépensée servira à voir le bout du tunnel...

 

 

14:53 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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