24/08/2008

ECHEC à L'ECHEC OU NIVELLEMENT PAR LE BAS ???

Je vous fais partager un article que j'ai lu sur un autre blog (à savoir: "La passion des mots") et qui est tout à fait en accord avec mes convictions...

Bureau du Maître

UNE ECOLE QUI NE FAIT QUE S’ADAPTER

UN ARTICLE EXTRAIT D'UN OUVRAGE REMARQUABLE D'UN COLLÈGUE BELGE, OUVRAGE TOUJOURS D'ACTUALITÉ... OU TOUJOURS PLUS D'ACTUALITÉ... OU PRÉMONITOIRE...


cartable




« L’école est-elle inadaptée ? Inadaptée ? Qui oserait prétendre une chose pareille ? On ne fait que s’adapter ! Si c’est trop demander à un élève de connaître l’imparfait de cinq verbes sur dix, on se contente de quatre, puis de trois. On appelle ça « revoir son évaluation ». S’il devient impossible de tenir compte des fautes d’orthographe dans les copies, alors on finit par ne même plus souligner les fautes ou par ne plus rien faire écrire. On appelle ça « revoir ses objectifs ». Si les délibérations ne suffisent plus à transformer les échecs en réussite, on impose des performances-seuils » ridiculement basses à des conseils de classe que l’on continue évidemment de déclarer souverains. Si cela ne suffit pas, on supprimera les examens. On appellera ça « revoir les rythmes scolaires ». On continuera donc de la sorte à s’adapter au niveau des élèves, grand précepte démago-pédagogique de mouleurs d’enfants-rois auxquels il ne saurait être question de demander de consentir les efforts que leurs aînés pouvaient accepter, dans une autre société, il est vrai. Pour faire bonne mesure, on mènera alors campagne contre la sélection, soudain devenue synonyme d’élitisme, comme si tout élève était capable, et donc en droit, de décrocher son diplôme de secondaire général à dix-huit ans. On appellera ça l’école humaine, de la réussite pour tous. On oubliera de dire que la sélection qui interviendra forcément après le secondaire sera plus terrible et plus antisociale que tout ce qu’on a connu jusqu’ici : à côté de l’élite que triera l’université, on fabriquera une génération de chômeurs aussi peu qualifiés que ceux d’aujourd’hui, mais détenteurs d’un diplôme d’enseignement secondaire supérieur ! L’adaptation à l’élève est une nécessité, c’est vrai, mais il faudra lui imposer une limite, sous peine de devoir accepter le zéro comme note suffisante.

Et la réforme pédagogique ? Il suffisait d’y penser : on lutte contre l’échec. Moins de profs, classes plus nombreuses, moins de cours pour les élèves, certification par cycles et mise à niveau fondamental. Beaucoup moins d’échecs. Bulletins scolaires comme des bulletins de vote bruxellois : on met l’accent sur le positif et des croix dans des colonnes. Tout va mieux. Il n’y a plus de fautes, seulement des erreurs. C’est véniel. Il n’y a plus de grammaire. On apprend à communiquer. On s’adapte à la société. On prépare aux séries roses… Nos expériences pédagogiques vont donc toujours dans le sens de la facilité… »

ROLAND SOYEURT, « Mes points dans la figure »(Didier Hatier, 1995)

Remarques en vrac... au fil des jours 

-Quand je compare mon journal de classe actuel à celui d'il y a 25 ans... quelle différence. On sortait de 6ème primaire en connaissant les règles de grammaire, l'orthographe, les tables de multiplications, on savait résoudre des problèmes... sans compter le savoir-faire en divers travaux manuels. Bien sûr, tout ne se construisait pas autour des jeux, mais... à l'envers ou à l'endroit, il y a des matières que l'on doit connaître par coeur, qui demandent de l'entraînement (tout comme les activités sportives et cela, personne ne le conteste) et le sens de l'effort. Chacun son rythme? OK, mais alors pourquoi interdire le redoublement? Pourquoi essayer de construire sur des bases non solides. On veut construire des châteaux sur du sable? J'ai eu en 2ème année des enfants qui ne savaient pas lire (et quand je dis lire, je devrais dire déchiffrer des mots) et à qui je devais commencer à apprendre de la grammaire, de la conjugaison... la nature des mots, leur fontion...Mais il ne faut pas "humilier" ces pauvres petits, sous peine d'être accusée de "harcèlement", donc baissons le niveau. Et je ne vous parle pas de l'appauvrissement du vocabulaire... le pluriel des mots en "ail"... mais qu'est-ce que c'est un chandail??? Dans le même registre: un landau, un sarrau, un soupirail....   Une collègue à qui j'ai passé mes cours s'étonnait de la matière donnée en 2ème année, c'est la même qu'elle donnait en troisième, car les enfants qui arrivaient chez elle savaient tout juste lire!

-"Et pourquoi ne travaillez-vous pas avec nos enfants sur l'outil indispensable qu'est le PC?"... Parce que ma brave dame, pour utiliser un PC, il faut savoir LIRE (et oui, pour utiliser certains outils, il y a des compétences élémentaires à acquérir), que mon rôle n'est pas de leur apprendre à jouer sur un PC et que de surcroît je ne dispose que de 3 PC pour 24 élèves!

12:21 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Choix politique Etonnant, ce livre a été édité en 1995. Un an plus tard, Onkelinks (Parti Socialiste)(Communauté Française) supprimait 3000 postes d'enseignants. Le désastre était déjà annoncé depuis des années. C'était et c'est toujours un choix politique. Suite aux JO et aux "maigres" performances des "belges" Un ministre de ? va, dans la vague de l'émotion, suggérer de renforcer les activités sportives en lieu et place des cours de philo. Encore un choix politique. C'est gai de "faire des champions" mais champions de quoi? et pour faire quoi?
Tout a été bien pensé,orchestré et balisé pour ne plus susciter la réflexion autour du thème de l'Etre Humain dans sa nature relationnelle. Il est devenu "part de marché" avant sa naissance et même après sa mort.
On a tout pour être heureux.

Écrit par : Claude Leroy | 28/08/2008

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