01/09/2008

RENTREE DES CLASSES, POUVOIR D'ACHAT ET... MARKETING!

On nous rabache les oreilles avec le pouvoir d'achat et le coût d'une rentrée des classes pour une "école gratuite" avec chiffres à l'appui. Il est vrai que tout augmente (les besoins que l'on vous crée aussi!), mais les chiffres qu'on nous communique comprennent l'habillement, la cantine, les mouchoirs (texto), les repas, les collations... Comme si... même sans école, on ne devait pas habiller, nourrir, prodiguer un minimum d'hygiène de vie à nos enfants!!! Quant au matériel scolaire indispensable, le coût dépend de ses propres choix!

Personnellement, toutes les fournitures scolaires indispensables (gomme, crayon, feutres, latte, cahiers, fardes...) faisaient partie de ma commande (chaque élève recevait le même matériel que je personnalisais avant la rentrée, afin d'éviter les "c'est pas le mien... t'as pris mon truc...") à l'exception du papier à recouvrir. Malgré tout, certains achetaient du matériel différent ...marketing oblige! Mais à ma connaissance, l'utilisation de matériel scolaire de telle ou telle marque n'a jamais participé à l'amélioration du travail scolaire ou des capacités intellectuelles (peut-être que certains "effaceurs" sont plus efficaces pour modifier les cotes dans les bulletins?)

Je préfère nettement le matériel classique et simple à tous ces gadgets qui vous pourrissent les nerfs en classe. Les crayons qui s'allument, qui sifflent... provoquent distraction, échanges, vols, racket...inattention provoquée par la comparaison et l'inventaire des plumiers entre voisins de banc. Que de temps perdu à régler des conflits à propos d'objets! Sans compter que vous ne faites pas le poids quant à l'attention qu'on leur porte malgré votre motivation et votre bonne volonté!

Alors, je pose une question: pourquoi ne pas allouer les "allocations rentrée" aux écoles (qui devraient justifier le bon usage des deniers publics, au cas où certains détourneraient cette somme pour leur bien-être personnel!), afin que chaque enfant puisse bénéficier de l'indispensable et éviter la course aux parents. Alors, on pourrait parler d'égalité des chances, au moins à ce niveau!!!

En attendant, nous continuerons à investir nos deniers pour l'achat de matières premières indispensables à la confection de cartes de voeux, confitures, artisanat divers... à vendre, pour alimenter nos caisses de classes afin de pouvoir mener à bien nos différents projets pédagogiques, compléter nos bibliothèques, mais aussi fabriquer d'autres choses que l'éternel collier de pâtes ou le rouleau de papier wc collé sur un carton de bière pour les fêtes des mères et des pères! ... Et sans changement des mentalités, nous écouterons encore les récriminations des parents qui viendront se plaindre pour la tache sur un vêtement, le vol d'un sac...de leur enfant qui arrive en classe comme à un défilé de mode, mais refusant de participer à la caisse de classe pour la somme de 5€ par trimestre (le prix d'un paquet de cigarettes, je crois).

Dessin rentrée des classes..

 

Ah... s'il suffisait d'enseigner, d'observer les yeux qui s'illuminent, titiller la curiosité et le désir d'apprendre....

12:30 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

super ton blog !

Écrit par : Sugus | 01/09/2008

Bonjour J'ai le temps,aussi je fais une petite visite chez toi!A+ framboisine.

Écrit par : NEMESIS | 02/09/2008

Merci Les p'tits commentaires font toujours du bien!

Écrit par : Anne | 03/09/2008

Caprice PUBLIE DANS LE JOURNAL "EN MARCHE" DU 4 SEPTEMBRE 2008.

"La question scolaire ne peut être pensée indépendamment même de notre société et,plus précisément du statut que notre société donne à l'enfance. Nous sommes face à un phénomène complètement inédit: le caprice, qui n'était qu'une étape du développement individuel de l'enfant, est devenu le principe organisateur de notre développement collectif...Peut-on continuer à considérer l'enfant comme un prescripteur d'achat, un public captif pour la publicité?... La liberté d'expression des médias dans une démocratie ne doit-elle pas s'accompagner d'un devoir d'éducation?...Ne faut-il pas mettre en place une relance de l'éducation populaire pour faire pièce à la frénésie consommatrice en matière de loisirs et de culture?... Il faut oser se demander si l'éducation à la démocratie et à la toute puissance du marché sont compatibles.

Philippe Merieu. L'école face à la barbarie consommatrice. Le Monde 22/03/2007

Écrit par : Claude Leroy | 13/09/2008

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