17/03/2009

APPLAUDISSEZ !!!

Début février, on pouvait lire ceci dans la presse:

Le nombre de profs agressés est en augmentation

BELGA

Mis en ligne le 03/02/2009

Parmi les 239 agressions, on dénombre trois menaces avec arme, un coup avec arme, deux actes à caractère sexuel, deux tentatives d'étranglement et une tentative d'empoisonnement.

En 2007, la Cellule des accidents du travail de la Communauté française a répertorié 239 agressions, tant verbales que physiques, à l'égard des enseignants. En 2005, la Cellule avait enregistré 176 agressions, soit une hausse de 36 pc, peut-on lire mardi dans les quotidiens du groupe Sud Presse.

Parmi les 239 agressions, on dénombre trois menaces avec arme, un coup avec arme, deux actes à caractère sexuel, deux tentatives d'étranglement et une tentative d'empoisonnement.

S'ajoutent 100 faits de coups, 28 menaces, 81 bousculades et 33 lancements de projectiles. Ces actes de violences sont plus fréquents dans le Hainaut avec 90 faits recensés, contre 66 à Bruxelles, 43 à Liège, 19 à Namur, 11 au Luxembourg et 10 dans le Brabant wallon.

Dans 70 pc des cas, les auteurs des agressions sont des élèves. Dans 11 pc des cas, ce sont les parents et 19 pc des cas, "cela émane d'une autre personne", selon le ministre de l'Enseignement en Communauté française, Christian Dupont

Depuis, si vous suivez les informations, le mot "violence" devient de plus en plus récurant. On prend donc des mesures.... emplâtre sur jambe de bois, élections en vue???

Et en mars:

Un plan contre la violence à l'école (presse)

Samedi 14 Mars 2009 | 2 j. | powered by

(Belga) Le ministre de l'Enseignement Christian Dupont a dévoilé samedi, dans la presse quotidienne, huit mesures dotées d'un budget de 2,5 millions d'euros pour tenter d'endiguer le phénomène de violence dans les écoles.

Un budget d'1,5 million d'euros supplémentaires sera consacré à la pose de systèmes anti-intruision, de clôtures, de caméras, d'éclairage et de portes de commande électriques. Un Plan d'urgence d'assistance en milieu scolaire va voir le jour entraînant la création d'une cellule d'intervention d'urgence pour soutenir immédiatement les victimes, les directions, le personnel et les parents, en cas de faits de violence. Un numéro de téléphone vert donnera aux victimes une information sur les droits et les services dont elles peuvent bénéficier dans les domaines judiciaire, médical, psychologique, social et administratif. Le personnel des écoles bénéficiera de formations pour animer des lieux de décompression et de médiation, pour endiguer les violences physiques et verbales. Les écoles seront aidées pour former les élèves à jouer un rôle de médiation avec leurs camarades en train de déraper. Un observatoire de la violence sera créé pour dresser des bilans réguliers. (JDD)

Je pense à tous ceux qui ne bénéficieront pas de ces "droits" parce que les faits se sont passés avant la médiatisation et que l'on veut les jeter comme des vieux torchons, troués à force d'être utilisés...

Et que dire de tous ceux qui n'ont pas été informés correctement, pas soutenus, mais manipulés, harcelés pour le... clientélisme. Je peux vous affirmer qu'ils dérangent s'ils osent continuer un combat pour être reconnus comme victimes, pour reprendre confiance en eux, retrouver leur motivation et leur estime. Les documents, les disfonctionnements, les recours et les délais pratiquement impossibles à tenir pour se défendre (une course contre la montre!), les frais que cela entraîne, les contradictions, les mensonges... sont autant de harcèlements. On veut vous faire signer, clôturer, étouffer... bref on vous use jusquà la corde. Soyons solidaires si nous ne voulons pas être envoyés là où ils veulent nous mener... là où plus aucun recours ne sera nécessaire et où vous ne dérangerez plus tous ces gratte-papiers incompétents et opportunistes.

Ceci est un cimetière

Franchement, les caméras seront-elles une solution? Elles n'ont pas empêché des évasions, des intrusions... On nous prend vraiment pour des C--S (excusez l'expression)! Quand les personnes "responsables", à quelque niveau que ce soit, montreront l'exemple du respect, du sens des valeurs et du bon sens, alors, peut-être, pourrons-nous commencer à espérer.

 

08:52 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Navré d'être pessimiste, mais... ...il est presque impossible que les auteurs de l'incurie la corrigent par bonne volonté. Dans la plupart des cas, il faut les remplacer, pas les prier de s'amender. Les implorer, pour eux, c'est la jouissance de voir quelqu'un s'humilier. Il ne faut pas les prier de quoi que soit, il faut leur ordonner de travailler honnêtement, et les menacer de procès s'ils n'obtempèrent pas.

Écrit par : Ben | 21/03/2009

Je suis instituteur. En juin 2008, j’ai été agressé par un individu dont l’enfant n’était plus inscrit à l’école depuis plusieurs mois. Cet homme s’était introduit dans l’établissement alors qu’il n’en avait absolument pas le droit. Fort heureusement (ou malheureusement !) pour moi, cette agression ne fut que verbale : je n’ai eu droit qu’à des injures et des menaces. Cependant, elle s’est déroulée devant mes élèves. Certains furent très choqués par ce qu’ils avaient vu et entendu. Personne n’a pris la peine de venir les interroger, pas même mon pseudo directeur pistonné !
Quatre petits mois plus tard, la justice classe le dossier sans suite, les charges n’étant pas suffisantes ! Par contre, les relations bien connues de mon agresseur ont parfaitement joué leur rôle.
En tant qu’enseignant, je suis censé éduquer mes élèves à la démocratie, la citoyenneté et la justice. Comment vais-je maintenant leur expliquer que l’individu qui est venu agresser leur instituteur ne sera pas « puni » ? Comment leur faire comprendre qu’il n’aura même pas besoin de venir s’expliquer ou de simplement s’excuser ?
Cette agression avait déjà bouleversé ma vie d’enseignant. Bien qu’au fond, elle ne m’ait pas étonné, l’absence quasi totale de solidarité de mes collègues m’avait choqué. Mais le pire, c’est cette décision de non-justice. Aujourd’hui, je me sens terriblement sali et humilié. J’ai même l’impression de me dégouter moi-même.
Les mesures de M. Dupont ne sont que du vent électoral.
En matière de violence à l’école, il n’y a qu’une loi qui prime : la loi du silence.
Et en matière de justice : la loi du pognon !

Écrit par : F. | 24/03/2009

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