28/01/2010

LA CROQUEUSE DE CHAPERONS.

Autre extrait de « Chagrin d’école » Daniel Pennac. 

... 

Le matin même de la dernière rentrée scolaire, une grande prêtresse du marketing déclarait à la radio, sur un ton pénétré d’une aïeule responsable, que l’Ecole devait s’ouvrir à une publicité, laquelle serait une catégorie de l’information, elle-même aliment premier de l’instruction.

… Que nous contez-vous là, Madame Marketing… ? La publicité dans le même sac que les sciences, les arts et les humanités ! Grand-Mère, êtes-vous sérieuse ? Elle l’était, la coquine. Et diablement. C’est qu’elle ne parlait pas en son nom, mais au nom de la vie telle qu’elle est ! …

… Et l’école idéale, selon Grand-Mère : un gisement de consommateurs toujours plus gourmands ! Et la mission des enseignants : préparer les élèves à pousser leur caddie dans les allées sans fin de la vie marchande ! …

… Qu’ils sortent « informés » du ghetto scolaire ! Le ghetto scolaire, c’est ainsi que Grand-Mère appelait l’Ecole ! Et l’information, c’est à quoi elle réduisait l’instruction !…

… Ah, professeurs, quand donc écouterez-vous Grand-Mère ? Quand donc vous mettrez-vous dans le crâne que l’univers n’est pas à comprendre, mais à consommer ?…   Allez, Mère-Grand, je t’ai reconnue sous ton déguisement de mots, tu es bel et bien le méchant loup des contes ! Emmitouflée dans tes raisonnements ensorceleurs, tu t’es couchée gueule ouverte à la sortie des écoles pour y croquer les petits chaperons consommateurs. …   … Délicieuse à croquer, cette tête saturée d’envie que les professeurs tentent de t’arracher, les pauvres, si peu armés, avec leurs deux heures de ceci, leurs trois heures de cela, contre ta formidable artillerie publicitaire !…   … Des familles entières occupées à prendre leurs plus petits désirs pour des besoins vitaux dans l’effroyable mixture de ta digestion argumentée ! …

 

enchaînés

Etre et paraître… 2 verbes « passifs » ! On veut nous faire croire qu’il est plus important de paraître qu’être et malgré les belles paroles, les « décrets » mis en place… « échec à l’échec »… nos programmes et les moyens effectifs mis en place (plus de dictées, plus d’écriture, pas de redoublement, continuons donc à construire sur des ruines, pas trop de devoirs…), nous avons l’impression de ne plus avoir de temps pour l’instruction, bien trop occupés que nous sommes à éduquer et « à démonter les pub », essayer de remettre le sens des VALEURS en bonne place… A quoi bon ? On nous sabote ! MAIS NE BAISSONS PAS LES BRAS! NOUS AVONS UN GOÛT AMER ET LA CHAIR DURE... pas bon pour le grand méchant loup... nous sommes les chasseurs qui tentent d'arracher  les petits chaperons de ses griffes.

Racket, endettement, agressions… conséquence de Grand-Mère marketing ?

20:51 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/01/2010

IL L'EXPRIME TELLEMENT BIEN!

J'ai relu un livre génial (d'ailleurs conseillé par une lectrice de ce blog).  Vous connaissez déjà, vous qui visitez ce blog, mes opinions. Mais j'ai choisi un extrait de ce livre dont l'auteur exprime bien mieux que moi les effets de la société de consommation sur le comportement notamment.

l'addition SVP

Extrait de « Chagrin d’école » Daniel Pennac.

-Les profs, ils nous prennent la tête !

-Comment ça , les profs vous prennent la tête ?

-Ils prennent la tête, c’est tout ! Avec leurs trucs qui servent à rien !

-Par exemple, quel truc qui ne sert à rien ?

-Tout quoi ! Les… matières ! C’est pas la vie !

-Eh bien tu te trompes, Maximilien, les profs ne te prennent pas la tête, ils essayent de te la rendre. Parce que ta tête, elle est déjà prise.

-Elle est prise, ma tête ?

-Qu’est-ce que tu portes à tes pieds ?

-A mes pieds ? J’ai mes N, m’sieur ! (Ici le nom de la marque.)

-Tes quoi ?

-Mes N, j’ai mes N !

-Et qu’est-ce que c’est, tes N ?

-Comment ça, qu’est-ce que c’est ? C’est mes N !

-Comme objet, je veux dire, qu’est-ce que c’est comme objet ?

-C’est mes N !

Et, comme il ne s’agissait pas d’humilier Maximilien, c’est aux autres que j’ai, une nouvelle fois, posé la question :

-Qu’est-ce que Maximilien porte à ses pieds ?

Il y eut un échange de regards, un silence embarrassé ; nous venions de passer une bonne heure ensemble, nous avions discuté, réfléchi, plaisanté, beaucoup ri, ils auraient bien voulu m’aider, mais il fallut en convenir, Maximilien avait raison :

-C’est ses N, m’sieur.

-D’accord, j’ai bien vu, oui, ce sont ses N, mais comme objet, qu’est-ce que c’est comme objet ?

Silence.

Puis, une fille, soudain :

-Ah ! Oui, comme objet ! Ben c’est des baskets !

-C’est ça. Et un nom plus général que « baskets » pour désigner ce genre d’objets, tu aurais ?

-Des… chaussures ?

-Voilà, ce sont des baskets, des chaussures, des pompes, des groles, des godasses, des tatanes, tout ce que vous voulez, mais pas des N ! N, c’est leur marque et la marque n’est pas l’objet !

  Question de leur professeur :

-L’objet sert à marcher, la marque sert à quoi ?

Une fusée éclairante au fond de la classe :

-A s’la péter, m’dame !

Rigolade générale.

La professeur :

 -A faire le prétentieux, oui.

Nouvelle question de leur prof, qui désigne le pull-over d’un autre garçon.

-Et toi, Samir, qu’est-ce que tu portes, là ?

Même réponse instantanée :

-C’est mon L, m’dame !

Ici, j’ai mimé une agonie atroce…    … une autre voix s’est écriée en riant :

-Non, non, c’est un pull ! Ca va m’sieur, restez avec nous, c’est un pull son L, c’est un pull !

Résurrection :

-Oui, c’est son pull-over, et même si « pull-over » est un mot d’origine anglaise, c’est toujours mieux qu’une marque ! Ma mère aurait dit : son chandail, et ma grand-mère : son tricot, vieux mot , « tricot », mais toujours mieux qu’une marque, parce que ce sont les marques, Maximilien, qui vous prennent la tête, pas les profs ! Elles vous prennent la tête, vos marques : c’est mes N, c’est mon L, c’est ma T, c’est mon X, c’est mes Y ! Elles vous prennent votre tête, elles vous prennent votre argent, elles vous prennent vos mots, et elles vous prennent votre corps aussi, comme un uniforme, elles font de vous des publicités vivantes, comme les mannequins en plastique des magasins !

Prisonnier de...

-… Moi je trouve qu’elles coûtent très chers, vos marques, mais qu’elles valent beaucoup moins que vous.

Suivit une discussion approfondie sur les notions de coût et de valeurs, pas de valeurs vénales, les autres, les fameuses valeurs, celles dont ils sont réputés avoir perdu les sens…

 

… Des enfants clients, donc, avec ou sans moyens, ceux des grandes villes comme ceux des banlieues, entraînés dans la même aspiration à la consommation, dans le même universel aspirateur à désirs…   … consommer !

c’est-à-dire changer de produit, vouloir du neuf, plus que du neuf, le dernier cri. La marque ! Et que ça se sache ! Si leurs marques étaient des médailles, les gosses de nos rues sonneraient comme des généraux d’opérette.

Money

A remplir

Je ne peux que vous inviter à lire ce livre.

 

18:36 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/01/2010

GRAPHISME ET MESSAGE SECRET

Une petite activité amusante... le message secret!

Ecrire au jus de citron étonne beaucoup les enfants... "mais on ne voit rien!"... Raison de plus pour se concentrer sur son travail, les p'tits loups! Et quel moment de magie de voir apparaître son message grâce à la source de chaleur!

regard magique

Mais attention... faire apparaître le message en utilisant une source de chaleur telle que le sèche-cheveux!!!

Avec une bougie et un moment d'inattention... le message prend feu, et il ne nous reste qu'à le piétiner au sol pour éteindre la catastrophe!... Le message reste DEFINITIVEMENT SECRET! Bon, au pire, on peut toujours faire remarquer aux enfants que même pour les adultes, c'est dangereux de jouer avec le feu!!!

 

Etonnement

19:13 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

13/01/2010

ATELIERS GRAPHISME 2ème primaire suite

écriture à la plume 5

 Beaucoup d'application, de concentration, d'étonnement, de curiosité ... Maintenant, les enfants de 2ème savent pourquoi il y a ce mystérieux trou dans leur banc! Même la titulaire s'y est mise. Elle n'avait jamais utilisé le porte-plume, la plume et l'encrier. Bon... il y eut quelques encrier renversés, quelques beaux pâtés, mais Paris ne s'est pas construit en un jour, n'est-ce pas!

écriture à la plume 4

Ben non... l'encre noire ne s'efface pas, recours donc au bon vieux procédé des parenthèses 

écriture à la plume 3

 

écriture à la plume 2

 

Et il y a des doués... pas mal pour un premier essai!

écriture à la plume 6

16:06 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

11/01/2010

ATELIERS GRAPHISME 2ème primaire

Copie de DSC00451

Dans un article précédent (Nuls en écriture et en lecture), je commentais un article paru dans le « Télémoustique » du 03-09-2008.

Ayant repris le chemin de l’école à temps partiel et pour une petite partie des heures en remédiation, je confirme bien que la majorité des élèves dont je m’occupe en 2ème année ne savent pas ce qu’est une majuscule, et ont une écriture épouvantable. Evidemment, on ne prend plus le temps d’apprendre la formation des lettres… il y a d’autres priorités et bien souvent, ce genre de leçon passe aux « oubliettes ». Les enseignants s’en rendent bien compte.

On ne connaît plus le cahier à trois lignes, on ne peut plus faire de dictées, m’dame !!!

Nous avons donc, les titulaires et moi opté pour un cours de graphisme.

Elles prennent les élèves selon leur difficulté du moment et je réapprends aux enfants à écrire.

Ayant constaté qu’effacer les mauvaises habitudes est la première étape à franchir, que les enfants trouvent fastidieux d’écrire, j’ai commencé par intégrer le graphisme dans l’art pour les réconcilier avec le soin, la précision , la motricité fine et le plaisir d’écrire.

Je suis agréablement surprise des résultats, de l'enthousiasme... même s'il a fallu plus de patience, d'insistance, d'encouragements pour certains. Les traits hésitants du départ sont de plus en plus nets et précis.

Leurs travaux sont exposés et après avoir utilisé différents outils et supports, nous utiliserons bientôt la "bonne vieille plume et l'encrier", les supports à trois lignes... n'en déplaise à la hierarchie et aux "experts"!

Et croyez-moi, ce n'est pas du "temps perdu", les enfants apprennent aussi à gérer l'espace.

Même si cela me prend beaucoup de temps pour les préparations, de réflexion et d'imagination; si je transporte beaucoup de matériel et en crée, ma récompense est bien là, dans l'accueil des enfants des ces 2 classes (je ne me sens pas aussi bien dans une autre classe ou école où j'ai été parachutée! Mais ceci fera l'objet d'un autre article). Je précise qu'aucun budget n'a été prévu pour moi et qu'encore une fois ce sont mes deniers qui y passent. Qu'à cela ne tienne, ce sera ma contribution, je refuserai donc de participer aux diverses fêtes destinées à remplir les caisses!


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En musique 

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Monsieur A

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Lapin B

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La famille A

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18:36 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |