18/02/2010

LES RIENS DE CHAQUE JOUR

C'est le titre d'un livre que je viens de lire et dont l'auteur est CLAUDE TAUDIN.... je résiste rarement à l'achat d'un bon livre. Ce qui a motivé mon achat: une phrase en couverture: "Au temps où le superflu n'était pas encore devenu l'indispensable."

prendre le temps de rien

Bien sûr, il faut vivre avec son temps et je ne dénigre pas tous les changements, mais la sur-consommation, les besoins créés de toutes pièces nous font oublier ces "petits riens de tous les jours", ces "petits bonheurs" qui passent souvent inaperçus puisqu'on nous inculque que le bonheur c'est "avoir" et non plus "être". Pourtant...

piscine improvisée

 

Un de ces petits bonheurs est de pouvoir s'évader au fil des pages d'un livre. Lorsque j'enseignais aux trois premières classes primaires, mon principal objectif était de donner le goût de la lecture à "mes petits bouts" en utilisant différentes méthodes... rallye lecture, jouer avec les mots... Ah... les livres!

bibliothèque

 

Je vous fais "profiter" de la réflexion sur la lecture de Claude Taudin:

"Assis sur une chaise près de la cheminée, installé sur un banc dans la cour, couché dans l'herbe d'un pré, j'ai lu. J'usais sur les pages les dernière lueurs du jour, frissonnant de peur et de froid, il fallait m'appeler pour que je vienne. Qui se serait douté que je revenais de si loin! Je lisais à la lumière dansante du foyer ou d'une bougie, sous les néons de l'étude du soir, sous la lampe de la table de cuisine. Je sombrais dans l'ailleurs, j'étais dans l'apesanteur et l'irréalité, je succombais au charme, je tombais dans la mélancolie, j'étais englouti par le malheur. Qui niera la puissance des livres? Ils sont capables de libérer les peines du passé, des craintes du moment et de l'angoisse de l'avenir. Ils sont capables de modifier l'espace temps: un long après-midi d'enfant devient le temps d'une heure. Ils permettent de déserter un lieu et d'oublier les murs environnants pour partir loin, très loin. Ils sont modulables et ce qui est bien dans les lectures d'enfants, c'est qu'on se fait sa petite cuisine et qu'on la trouve délicieuse!   La lecture avait une grande importance pour les adultes de ce temps-là. C'était un moyen non de rêver mais de connaître la réalité. La chose écrite, surtout le journal permettait d'accéder à l'information  -Qu'est-ce qu'il dit ton journal?   On invitait ainsi l'interlocuteur à nous lire un article à haute voix. C'est normal, quand on sait lire, on en fait profiter les autres, qui n'ont peut-être pas une bonne vue, qui ont oublié leurs lunettes, qui sont dans un endroit mal éclairé ou tout simplement qui ne savent pas lire! ...    ... La chose écrite était là pour renseigner ou instruire, il fallait donc quelqu'un pour la déchiffrer et autant que ce soit par quelqu'un qui sait bien lire et qui a de bons yeux!

journal

  

 

   Dans une histoire que j'avais lue sur les regrets d'un vieux pâtre illettré faisant le bilan de sa vie, j'ai retrouvé ces paroles touchantes: " Si j'avais appris à lire, je ne serais pas l'âne porteur d'une figure humaine que je suis, dans les livres je verrais autre chose que le noir et le blanc que je vois, je pourrais lire, penser, écrire, je pourrais fièrement dire: je suis un homme." Cette réflexion révélait toute la frustration que ressentaient ceux qui n'avaient su maîtriser la lecture et n'avaient pu faire parler la papier." ...

Ecriture à la plume

 

EPILOGUE  (à méditer!)

"C'était cinquante ans avant la fin de ce siècle, les riens de chaque jour sont peut-être la clé du contentement. Je viens de mesurer le temps qui me sépare de cette époque dont je sais l'impossible retour et je n'ai pas voulu me complaire dans la mélancolie en dressant la liste de ce qui ne sera plus. Les vraies richesses sont encore à portée de la main, mais à condition de ne pas passer à côté de tous ces bonheurs qui font la vie de chaque jour.   Le plaisir peut signifier être chez soi avec un verre de vin, écouter une belle musique, être en famille avec ses enfants, être avec des amis et partager un simple repas. Dans les conditions où nous vivons actuellement, il nous faut apprendre le contentement, apprendre à mettre certaines restrictions à nos désirs plutôt que vouloir les saisir tous. C'est curieux comme nous pensons rarement à ce que nous possédons mais toujours à ce qui nous manque. Le bonheur ne signifie pas avoir beaucoup de choses mais être satisfait de ce que l'on a. ...  ... Il est vrai qu'il est souvent difficile d'obtenir ce que nous souhaitons mais il est encore plus difficile de nous en réjouir vraiment.

Des petits bonheurs

 

   "Il y a encore un demi siècle, les gens avaient encore l'esprit simple et quand ils prenaient du plaisir, ils le prenaient bien. Ils ne possédaient pas de grosses voitures, ni d'immenses écrans de télévision et ne parcouraient pas le monde entier. ... ... Faut-il revenir aux valeurs d'autrefois et vivre modestement sans que la vie tourne autour de l'argent? Poursuivre la satisfaction autour du modernisme, peut-être? mais surtout sélectionner ce qui a vraiment du prix, ce qui est sage... Si la frontière entre le mal-vivre et le bien-vivre est d'une fragilité déconcertante; inventons un nouvel art, celui d'être satisfait de ce que nous avons. La réussite est certaine, elle est là devant nous. Le pays où j'ai goûté le bonheur existe encore puisqu'il est dans mon coeur."

ARBRE015

 

A la cueillette des champignons

 

Voilà... je vous ai fait partager un "morceau de livre". Il me reste à ajouter une réflexion: "à force de courir après nos désirs, on oublie de prendre le temps de savourer la vie. Et quand on parvient à obtenir ce que l'on désirait au détriment de bien des choses, on en est vite lassé et déjà on convoite autre chose!... de mieux, de plus beau, du dernier cri ??? Qui sont les gens heureux? Qui sont les éternels insatisfaits?

 

Profiter de ce que l'on a

12:42 Écrit par anne dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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